Vidéoprotection. Toujours plus !
- Chapareillan Info

- 25 mars 2023
- 4 min de lecture
30 janvier 2023. Séance du conseil communautaire de la communauté de communes Le Grésivaudan.
La délibération DEL-2023-038 [ici] concernait l’achat et le déploiement de systèmes de vidéoprotection.
Elle a retenu notre attention à titre d’exemple
du déploiement toujours plus étendu des systèmes de vidéoprotection
du discours bien appris des partisans de ces installations
D’un déploiement limité à un déploiement généralisé
Cette délibération vient modifier la délibération DEL-2018-0160 [ici] du 28 mai 2018, notamment sur 3 points :
Le déploiement initialement prévu sur les principaux nœuds routiers est étendu à tout emplacement du territoire communal jugé stratégique
Le matériel de vidéoprotection, qui devait être rétrocédé aux communes, restera la propriété de la communauté de communes, qui en supportera donc les frais de fonctionnement
Alors que le dispositif était originellement prévu pour des investigations à postériori, il est désormais prévu un centre de supervision urbain, ce qui signifie un visionnage en temps réel
Accessoirement, la communauté de communes se mettra en conformité avec les dispositions de l’article L 132-14 du Code de la Sécurité Intérieure [ici] en formalisant l’accord de la commune d’implantation par la signature d’une convention.
A ce jour, 15 des 43 communes de la communauté de communes (voir liste dans la délibération) sont concernées. La commune de Chapareillan n’en fait pas partie.
Un argumentaire pourtant peu convaincant
Extrait de la présentation de la délibération par M. Roger Cohard, qui s’exprimait en tant que 6ème vice-président, en charge (entre autres) de la prévention.
* La collaboration avec la gendarmerie *
" C’est une stratégie qui a été réfléchie et décidée en séance plénière du CISPD (Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance) en 2017. Ça a été fait en collaboration étroite avec la gendarmerie, la compagnie de Meylan, donc décidé conjointement. "
* La référence à un fait divers local et récent *
" C’est suite notamment à la destruction volontaire, enfin, l’incendie criminel qu’il y a eu sur le pont de Brignoud, parce que s’il y avait eu un système de vidéoprotection à ce niveau-là, parce que en étant un point stratégique, c’est un point stratégique. Il peut y en avoir aussi d’autres comme cela sur le territoire, et bien, il serait certainement plus aisé de mener l’enquête et de découvrir les coupables. "
* L’évaluation de l’efficacité de ces dispositifs *
Question de M. Michel Basset, maire de Sainte-Marie d’Alloix
" Tu viens de le dire, ce sont des dispositifs qui ont un certain coût /…/ Il y a une vraie question de fond qu’il faudrait qu’on puisse aborder. Je pense que sans évaluation des effets de cette vidéoprotection, envisager l’extension sur le réseau, à mon avis, est un peu anticipé. "
Réponse de M. Roger Cohard
" Le bilan sur les résultats d’un tel dispositif, il va se faire en CISPD, en séance plénière du CISPD auquel les maires sont tous invités /…/ Ce que l’on sait de la part des gendarmes, c’est que partout où c’est installé, un système comme celui-là, il porte ses fruits, notamment d’un point de vue de la prévention de la délinquance, parce que c’est d’abord pour ça qu’il est installé, mais il peut servir aussi à retrouver des personnes qui sont disparues et aussi à faire en sorte que des enquêtes, on va dire purement criminelles, où la recherche d’indices porte ses fruits. "
* Une affaire judiciaire médiatisée *
" Si le coupable du meurtre de la petite Maelys à Saint-Laurent-du-Pont (NDLR : il s’agit de Pont-de-Beauvoisin) et bien le coupable a été trouvé grâce à une vidéo quand même. "
* La stratégie de Nicolas Sarkozy *
Remarque de M. Michel Basset
" Il y a des travaux de recherche d’un universitaire grenoblois qui montrent que au final les résultats de ce genre de dispositifs ne sont pas à la hauteur des investissements consentis. "
Réponse de M. Henri Baile, président de la communauté de communes
" Ce qu’il faut comparer, c’est les résultats des gendarmes et les analyses des universitaires. Parce que quand on discute avec les gendarmes, ils expliquent, et c’est facile à comprendre, que les voiries sur lesquelles il y a de la vidéosurveillance, ils ne les surveillent pas en permanence, et ça permet de libérer des patrouilles pour aller ailleurs sur d’autres opérations. "
* Un témoignage révélateur *
Témoignage de M. Martin Gerbaux, adjoint au maire de Laval-en-Belledonne
" Sur Laval, ça doit faire un an, on a eu un dépôt d’amiante en aval de la commune, au bord de la route. Potentiellement quelqu’un qui montait de la vallée. J’ai été porter plainte au nom de ma commune en gendarmerie. Il y a une vidéosurveillance qui avait été installée au carrefour de Brignoud, donc potentiellement, ils pouvaient regarder. On a donné la nuit où le forfait avait dû être commis.
Ce que m’a dit la gendarmerie, c’est qu’ils n’avaient pas les moyens techniques de regarder, de se palucher toute une nuit de caméras, ils n’avaient pas les logiciels pour faire ça, et donc, globalement, ça ne servait à rien. "
/../
" Ce que disait la gendarmerie, c’est qu’il y avait des caméras, mais que derrière, ils n’avaient pas de logiciel pour exploiter, donc à part un truc très grave, effectivement un meurtre ou un évènement qui était daté très précisément à la minute, un accident, ça ils s’en servaient, mais sinon, ils n’étaient pas en capacité d’exploiter la vidéosurveillance qui était installée. "
Nous vous invitons à regarder les échanges relatifs à cette délibération [ici].
Durée : 17'45"
NB : M. Roger Cohard est le maire du Cheylas. A notre connaissance, il n’y a pas de système de vidéoprotection sur cette commune, et elle ne fait pas partie des 15 communes citées dans la délibération




Commentaires